Suicidaire ?

Forum de libre expression sur le suicide
Nous sommes le Mer 22 Nov 2017 03:58

Heures au format UTC




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 6 messages ] 
Auteur Message
MessagePosté: Mer 24 Aoû 2016 14:40 
Hors ligne

Inscription: Sam 20 Aoû 2016 17:47
Messages: 68
Localisation: Marseille
Bonjour,

Je vous propose de nous pencher ici sur des questions psychologiques qui peuvent aider un suicidaire. Je precise que je suis très ouvert aux contradictions et que j'accueillerais avec plaisir une argumentation construite allant dans ce sens.

Je vais ouvrir le feu avec ce post, qui va se focaliser sur les jugements portés sur les suicidaires.

Les jugements dont l'on s'extraie

En tant que suicidaires nous sommes parfois confrontés à un regard de l'autre que l'on peut vivre mal. Il peut s'agir d'affirmations concernant, par exemple, la lâcheté ou la cruauté envers nos proches (je reviendrais sur ces deux points à une autre occasion, peut être bientôt).

Plutôt que m'attaquer frontalement à ce point je vais déjà essayer de relativiser la nature même de ce jugement. Pour ce faire je vais m'appuyer sur deux de mes convictions morales personnelles :

-Je pense qu'avant d'enfanter il devrait être automatique de penser à ce que l'on peut apporter à l'enfant et à l'espèce avant de ne prendre en compte que notre désir d'être parent. Ainsi il faudrait s'assurer que l'on à les qualités et compétences nécessaire à un rôle de parents sereins, y compris face à un type d'enfant difficile et réfléchir quant aux gènes que nous perpétuons, comme lorsque ça concerne des tendances aux cancers, diabètes, obésités et ainsi de suite.

-Je suis un gauchiste de base. Je suis pour le partage des richesses mais aussi pour que les riches participent plus que les pauvres, pour les aides sociales et ainsi de suite.

Que me coutent ces deux valeurs morales en terme de jugement que je me porte sur moi-même ou de ce que je dois accomplir pour vivre en accord avec mes valeurs ? Objectivement il me faut admettre qu'elles ne me coutent rien. Je n'ai pas et n'ai jamais eu de désir d'enfanter, je ne connaitrais donc pas la privation de me voir refusé cet accomplissement sous prétexte que j'ai un passé génétique familial qui inclue l'obésité et le diabète et, pour le second point, j'ai toujours été du côté de ceux qui profitent de la redistribution bien plus qu'ils n'y participent.

Aurais-je le même jugement si, demain, je me retrouvais concerné par ces affirmations péremptoires qui attendent tant d'effort de la part de l'autre ?

Pour l'enfantement je ne suis pas capable de répondre. Il me faudrait un fort désir d'enfanter pour me confronter au cout de ma croyance. Focalisons-nous donc sur le deuxième point : suis-je le riche de quelqu'un ? Il est assez facile de se rendre compte que oui, face à de nombreux habitants du monde, comme une part non négligeable des habitants des pays africains, mon mode de vie est des plus luxueux (je pourrais détailler mais ça me semble inutile). Pour Continuer la réflexion il me faut donc observer que non, je ne me prive d'une partie de mon mode de vie luxueux pour partager mes richesses avec.

Nous voyons alors se dessiner une morale à géométrie variable, que je déforme selon que celui sur qui je fais peser le cout de ma conviction morale est moi ou l'autre.


Il me semble alors raisonnable, lorsqu'on se retrouve face au jugement dur de quelqu'un, de s'interroger sur ce que lui coûte son jugement et, le cas échéant, de relativiser la force de conviction qui se trouve derrière. Ça ne signifie pas qu'un argument soit automatiquement nul et non avenu, mais peut interroger sur la péremption qui lui est appliquée.

Nous pouvons, donc, nous orienter vers le premier des deux arguments utilisés en exemple.


La lâcheté ou le courage du suicidaire


Je ne crois pas à la volonté, pas plus donc qu'à la lâcheté ou au courage. Tel que conceptualisée usuellement on pourrait utiliser l'image d'un muscle qui, s'il fournit assez de force pour repousser les obstacles fait de nous un courageux, un être ayant, je cite l'expression d'usage, de la "force de caractère" et, dans le cas contraire, nous taxe de lâcheté.

Je vois plutôt l'acte de décision comme un rapport de force entre divers éléments. Prenons une situation banale, devoir aller acheter du pain et schématisons ce rapport de force.

Nous avons d'un côté le désir de manger du pain, de faire plaisir à ses proches ou de se voir confronté à leur contrarier si on ne le fait pas et ainsi de suite. De l'autre il y a les efforts à fournir pour accomplir l'acte.

Dans un cas classique il suffit de prendre son portefeuille et d'y aller, ce qui représente en général une force moins grande que la force du désir de pain. Si c'est le weekend et que vous aviez prévu de ne pas vous laver et de rester en caleçon l'effort à fournir est déjà plus grand, on peut alors s'attendre à ce que le rapport conflictuel soit plus perceptible.

Nous pourrions aussi envisager des cas plus extrêmes, comme un phobique social qui va devoir souffrir en se confrontant à l'autre ou une compagne qui pourrait vous railler ou se montrer des plus contrariée si vous n'y alliez pas.

Toutefois je ne vois là aucune force extérieure, la volonté, qui régit l'ensemble, il ne s'agit toujours à mes yeux que de motivations contradictoires s'affrontant. Il devient dès lors aisé d'en conclure que ni la volonté ni les qualificatifs qui concerne la réussite ou l’échec de son application ne sont valide, car dans tous les cas vous répondrais à une partie de vos désirs et devrez pour cela passer outre la réalisation de vos autres désirs.

En partant de là en lieu et place de vouloir renforcer ou diminuer une volonté il me parait plus efficace de prendre conscience des forces qui s'opposent en nous et de l'influence que nous pouvons avoir dessus. Ma capacité de projection me permets-t-elle de prendre suffisamment en compte le plaisir que j'aurais lorsque, dans quelques minutes ou quelques heures, je mangerais mon pain ? Ai-je la capacité de remplacer ce plaisir par un autre ? Suis-je capable d’alléger l'effort que me coute la réalisation de mon projet ?




La cruauté envers ses proches du suicidaire

C'est un argument souvent ressorti, que je qualifierais personnellement de manipulation par la culpabilisation. Je pense qu'à peu près tout suicidaire qui n'aurais pas de raison de se venger de ses proches se pose la question et souffre de cette projection, toutefois qu'il s'agit d'un argument utilisé par une tierce personne je trouve qu'il convient alors de l'interroger.

Je ne vais pas prendre en compte pour cette argumentation des cas ou la souffrance de la famille n'importe pas au suicidé ou peut être source de projection positive, ça mérite un sujet en soi et j'ose espérer que ceux qui usent de cet argument ne se rendent pas compte qu'ils peuvent être en train de demander à une victime de maltraitance ou de viol pédophile, par exemple, de ne pas faire souffrir son bourreau. Restons donc dans le cadre d'un suicidaire ne souhaitant pas voir sa famille souffrir, ce que je pense être la très grande majorité des cas.


Replaçons avant tout le rapport entre la souffrance et le suicide en lui-même. Il ne s'agit pas de faire mal à l'autre, il s'agit de faire un choix concernant sa propre vie et dont l'impact sera douloureux pour l'autre.

Il n'est pas question ici de dire que la souffrance de la famille n'existe pas, je pense qu'à peu près tous nous en avons conscience et que c'est une part importante de ce que nous visons en tant que suicidaires. Par contre il n'est plus question d'acte ayant une visée de la souffrance de l'autre, comme la violence, mais plutôt d'un choix concernant une priorité entre sa propre souffrance, que l'on peut estimer apte à durer tout au long de son existence (par exemple sous le poids d'une dépression qui réduirait les capacités de projection positive dans l'avenir) et la souffrance de ses proches.

Reportons maintenant cet argument sur un autre sujet. J'ose espérer qu'en france et à notre époque c'est moins vrai mais dans le monde et dans l'histoire s'est souvent posé la même question pour l'homosexuel : Dois-je vivre mon orientation sexuelle ou dois-je me condamner à une vie de souffrance en prenant femme et enfance pour ne pas faire souffrir mes parents, la famille que j'ai construit avant de me découvrir homosexuel ou autre ?

Je pense que le fossé devient plus clair toutefois entre l'interrogation personnelle, l'homosexuel qui s'interroge, et l'utilisation argumentaire, celui qui oserait proférer "fais semblant d'être hétéro pour ne pas nuire".

La "nuance" devient toutefois bien plus flagrante, je pense, si on renverse les valeurs : qui oserais porter les argumentations "famille, n'as-tu pas honte de faire peser le poids de ta souffrance sur celui qui ne cherche qu'a se libérer ?" ou "hétérosexuel, n'as-tu pas honte de vivre ta différence lorsqu'elle choque des parents homosexuels fermés aux différences alors que tu pourrais faire semblant en vivant une vie homosexuelle ?".

Je pense que ça révèle une chose : la justesse de cet argument se plie à la valeur morale accordée à l'acte, il ne peut être utilisé que si on juge préalablement l'homosexualité ou le suicide. Je répète à nouveau, pour ne pas choquer, que je ne parle ici que de l'usage en tant qu'argument, pas du vécu intérieur de celui confronté à la situation.

Il convient alors de prendre en compte l'histoire de la morale que nous visons dans ce pays, à savoir son origine judéo-chrétienne dans laquelle nous devons notre existence à dieu et n'avons à prendre nos propres attentes en considération, devant notre soumission à cet autorité patriarcale. (C'est un petit hors sujet mais j'use du terme patriarcal car je vois un parallèle dans les civilisations entre la force des religions et le rapport à l'autorité parentale, la soumission à un dieu me semblant moins vécue lorsque l'on se mets à considérer que le parent possède des devoirs envers un enfant qui, lui, se voit doté de droits, mais bon, c'est une autre histoire).



Conclusion

Mon propos ici n'est pas une quelconque apologie du suicide, je ne me considère pas apte à juger la valeur de la vie ou la souffrance d'autrui. Je pense simplement que pour une part des suicidaires le regard des autres et des jugements qui nous sont appliqués sont parfois douloureux et dur à endurer. Il se pourrait même d'ailleurs que cette souffrance supplémentaire ne soit pas une aide en ce qui concerne la survie du suicidaire.

Il me semble que le poids du jugement peut toutefois être relativisé si on prends en compte ce dont il est issu. Je ne sais pas si j'y suis parvenu et si ça aidera une partie de vous mais tel a été en tout cas mon objectif.

_________________
Une montagne est à la fois un mastodonte et un ensemble de particules subatomiques.
Ma présentation : vacuite-insoluble-t4660.html


Rapporter le message
Haut
 Profil  
Répondre en citant le message  
MessagePosté: Mer 24 Aoû 2016 15:56 
Hors ligne

Inscription: Ven 3 Juin 2016 21:38
Messages: 414
Je pense que la question de lâcheté/ et ou cruauté sont des jugements qui reviennent à ceux qui restent, à savoir les proches ou toute autres connaissances de la personne qui a mis fin à ses jours. Tout aussi vrai que le suicidaire/ la personne qui s'est suicidée peut être passé à l'acte pour des raisons aussi diverses qu'il y a d'êtres humains sur terre, le ressenti des vivants, de ceux qui restent est dépendant de leur sensibilité, leur histoire, ce qu'ils sont. Tout ce qui est fait après notre mort ( qu'elle soit naturelle ou pas ) n'est pas fait pour le mort mais pour les vivants, ces questions de lâcheté /cruauté sont des questionnements de vivants. Lâcheté, Cruauté sont deux réactions possibles mais pas les seules ,il y a tout un panel d'autres ressenti comme la sensation d'abandon, l'impuissance, etc ... La culpabilité peut alors subvenir de leur côté aussi et ce seront les seuls a la ressentir, vu que les morts ne ressentent rien ( Je ne suis pas croyante, je ne crois pas en la vie après la mort ni rien, après la mort, C'est Game Over ! ).

Après la culpabilité du suicidaire dans sa réflexion au suicide ( donc avant le passage à l'acte ) est pour beaucoup équivalente, je pense , voire moindre par rapport à la culpabilité d'être un poids mort (justement !) pour leurs proches, d'être là dans ce monde au milieu des vivants sans l'être vraiment, car il n'est jamais simple pour les gens de voir leur proche aller mal. Ainsi en tant que personne suicidaire , la notion de culpabilité est beaucoup plus floue , car elle peut être là quelque soit le choix qu'on fait. ( Dans un contexte où on est "entouré" et qu'on se soucie un temps soit peu de notre entourage ^^ )

Apres, en dehors de la culpabilité lié à l'envie seule de mettre fin a ses jours, il y a en effet le poids du jugements qui , je pense, a plutôt tendance a faire pencher la balance du "mauvais" côté , c'est à dire accentuer le mal être, le fait qu'on agit mal, qu'on est mal, ca tendrait donc à conforter le suicidaire dans ses pensées suicidaires, justifier certains de ces ressentis quant à sa propre personne.

Pour ce qui est de la lâcheté, peut être cette notion revient souvent en avant car il est plus simple de se dire lâche, ou de dire lâche quelqu'un que de se dire qu'il était réellement profondément mal. Après, c'est quoi être lâche ? Manquer de courage ? Le Courage c'est quoi ? Avancer malgré ses peurs ? Est ce que c'est la peur qui pousse au suicide ? Je ne pense pas.



Après on ne vit pas dans un monde où nous sommes indépendant des autres, indépendant de notre environnement et c'est impossible ( même ceux qui se targue d'avoir réalisé une introspection sur eux même et de s'être détaché de dogmes ou que sais-je inhérents à notre société , pour moi ils se rattachent juste a d'autres dogmes , lignes de pensées , qui sont juste différentes, l'influence du monde extérieure est importante et nécessaire a notre évolution, je pense juste qu'il faut penser librement être en accord ce avec quoi on a envie d'être en accord , rien n'est 100% mauvais ou 100% bon, il faut savoir piocher un peu partout, sans un rejet complet de tout, après osef si on me dit que je suis embrigadée !) d'être objectif sur soi à 100%, de ne pas subir des influences de pensées. Dans notre culture par exemple, judéo-chrétienne comme tu le soulignes, il y a en effet toutes ses notions de pardon ,culpabilité, la vie est un don rare et précieux , etc ...ce qui donne une image négative du suicidaire par exemple: c'est un péché , ce n'est pas bien, grosso modo ( hey non ya pas de gros modo , ici ! ).


Bref , je ne sais pas si c'est cela que tu attendais comme réponse, mais c'est la mienne. xD

_________________
il ne faut pas voir des épines au Cactus, mais un Cactus aux épines ...


Rapporter le message
Haut
 Profil  
Répondre en citant le message  
MessagePosté: Jeu 25 Aoû 2016 00:38 
Hors ligne

Inscription: Dim 17 Juil 2016 21:47
Messages: 23
Bonsoir,

je vous offre mon analyse, de vos "réflexions psychologiques", en passant par votre compendium (génétique), mais surtout sur votre point vue très égocentrique sur ce sujet, "votre coup de fusil", dans un but de focalisation, sur les jugements portés aux suicidaires, est parti dans tout les sens...

1) Vous affirmez, parmi vos nombreuses convictions personnelles, que nous devrions avoir la faculté de réflexions, avant la création d'un enfant ou plusieurs, et de prendre en compte les paramètres génétiques de nos parents, alors dans mon cas, ayant eu une mère décédé d'un cancer 2004, l'abstention a donné la vie été de rigueur selon vous (?)
Cancer qui ma rejoins en 2012, et qui récidive au moment de mes écrits, j'ai eu deux fils, avec deux femmes différentes, dois-je leurs annoncer qu'ils sont déjà condamnés à mourir dans le futur selon vous (?)

2) J'aimerais que vous m'éclairiez, sur la définition du "gauchiste de base", que vous prétendez représenter, est-ce la base actuelle qui dirige notre gouvernement, ou une base plus colorée (rouge) ou (verte), voir si on pousse le raisonnement un peu plus loin une base (national socialiste) (?)
Je suppose que notre ministre des finances E Macron, vous a choquez, avec sa déclaration d'impot sur la fortune, pour avoir sous-estimé de 200 000 euros son patrimoine pour ne pas payer l'ISF, vous qui souhaitez une distributions équitables des richesses (?) :lol:

source: http://www.francetvinfo.fr/politique/em ... 77355.html

3) Dans le système manichéen, ou nous évoluons, le suicide, préférez le mal au bien, ou tout simplement s'auto délivrer au lieu de vivre, on ne peu s'appuyer sur votre comparaison, très simpliste, d'achat de baguette de pain ou non, ou de faire passer pour un acte difficile, le fait de passer le we sans hygiène en caleçon...

4) Je ne vais pas m'étendre sur votre discours, sur l'homosexualité, encore moins sur l'existence d'un dieu quel qu'il soit (étant darwinien), mais plutôt me recentré sur le sujet que vous avez lancer, à savoir "le jugement portés sur les suicidaires".

Les "gens normaux" n'aiment pas qu'on se suicide autour d'eux. Cette envahissement de la mort, dans leur quotidien les dérange. Le suicidé ou suicidaire est indigne, déloyal de fuir, de déserter son existence, qui comme chacun sait est un combat. Et la masse n'est pas tendre avec ceux qui choisissent les ténèbres à la lumière.

Le suicidé trahit quelque chose, une sorte de pacte tacite des vivants, tous là pour s'accoupler avec l'existence, ne pas si plié c'est choisir la facilité, selon "eux".
A contrario la mort des autres attire aussi. Un certain voyeurisme dans le sang des autres, on s'interroge sur sa responsabilité, on finira par se rassurer, ce sont tout de meme, n'est-ce-pas, les plus faibles qui prennent cette voie toujours selon "eux".
La notion de courage, est réservé exclusivement à ceux qui reste, et surement pas ceux qui fuient encore selon "eux".

Notre société a réussi à intégrer le suicide au spectacle du quotidien, avec l'appui de la presse, ses théories sociologiques d'arrière-presbytère et ses titres nauséabonds (épidémie de suicide, suicide en série en milieu hospitalier...) et j'en passe, par le soutient de l'outil internet, on a maintenant le suicide en direct sur des applications tel que périscope (10 mai 2016 une jeune femme se jette sur les rails en live), quel jugement porté sur cette vision du suicide, de la mort, que l'on nous sert sur un plateau (?)


Cordialement Yvann


Rapporter le message
Haut
 Profil  
Répondre en citant le message  
MessagePosté: Jeu 25 Aoû 2016 05:40 
Hors ligne

Inscription: Sam 20 Aoû 2016 17:47
Messages: 68
Localisation: Marseille
Bonjour et merci de vos retours. Je vais vous répondre mais je souhaitais juste vous dire que je vais mettre un peu de temps (peut-être demain mais à mon avis pas avant la semaine prochaine). J'ai eu un peu plus de contacts qu'à mon habitude ces derniers temps et je vais raffermir un peu mon isolement, mais à mon retour je réagirais à vos posts point par point et ma lenteur de réaction n'est pas due à un quelconque désintérêt.

_________________
Une montagne est à la fois un mastodonte et un ensemble de particules subatomiques.
Ma présentation : vacuite-insoluble-t4660.html


Rapporter le message
Haut
 Profil  
Répondre en citant le message  
MessagePosté: Dim 28 Aoû 2016 21:15 
Hors ligne

Inscription: Mer 16 Déc 2015 09:50
Messages: 260
J'avoue sincèrement qu'un débat sur les jugements de l'entourage du suicidaire ne m'enchante guère... mais toutefois il est un très bon point d'entrée pour retourner à ce qu'est notre culture dans le fond et son influence pour créer la prison qui nous enferme tous... et dans une moindre mesure ceux qu'ils l'on créée (mais très peu nombreux car presque personne ne dispose d'une vue suffisamment large du puzzle).

Tous nos jugements, évaluations, savoirs... constituent la prison... au bénéfice de ceux qui gère cette prison... et qui sont principalement les plus riches (au moins en apparence) mais surtout ceux qui détiennent le vrai pouvoir et souvent loin des extrêmes richesses très visible.

Je m'explique. Ceux qui détiennent le vrai pouvoir sont généralement et presque toujours riches, en tous les cas suffisamment pour que leurs richesses les mettent à l'abri du besoin et leur permette d'acquérir et transmettre les outils de ce pouvoir composé de capacités d'influence et de décision.
Ils sont quasiment toujours des conseillés influents et invisibles qui ne viendront jamais sur le devant de la scène de façon directe... mais ont les retrouvera parfois dans certaines écoles de haut niveau pour manipuler et repérer nos futures élites au moment de leur formation. Les plus influents ne seront même pas dans ces institutions mais agirons en tant que point de repère sur le corps professorale. Ils occuperont plus facilement des postes de conseillers auprès de ceux qui seront en charge d'établir les programmes d'enseignement par exemple et dans le pire des cas ils seront des adjoint de direction d'apparence insignifiante mais dont la qualité de préparation des dossiers sera absolument exceptionnelle à tout point de vue (simplicité apparente et peu argumentée mais puissante qui ne laisse pas entrevoir l'analyse profonde et les longueurs de vue des prises de position).

Il existe probablement plusieurs "noyaux" de pouvoir pour la nécessite d'enrichir le débat philosophique et stratégique, mais il est vraisemblable qu'au final ils tirent tous dans la même direction sur le plan concret pour des raisons d'efficacité évidente.
Bien sûr cela semble très conspirationniste. Je ne m'étendrais pas sur ce point qui détourne notre capacité d'observation.

Donc réfléchissons à l'impacte de toutes nos croyances sur nos comportements. Si l'on arrivait à les enlever nous serions en permanence centré sur la réalité de l'instant... et pour faire cru, je dirais que si quelqu'un se suicidait devant nous nous ramasserions les morceaux et les mettrions à un emplacement adéquate avec la situation concernée, puis passerions aux instants suivants avec une assez grande facilité. Il n'y aurait aucune culpabilité, aucun remord, aucun jugement sur cet acte, et notre vie pourrait se continuer sans que cela revienne à notre esprit comme si nous étions éternellement dans ce passé révolu et coupable de quelque chose (à moins d'être véritablement responsable de la situation intenable que vivait le suicidé). Il ne s'agit pas d’absence de sensibilité dont je parle, mais simplement de laisser les choses à la place qui est la leur dans le temps, dans l'espace, dans nos émotions (notre cœur)... afin de laisser le champ libre à ce qui se passe maintenant, ici, avec la réalité pour ce qu'elle est, et non à été ou sera peut-être.

Alors, qu'est-ce qui cloche ?
Réfléchissez à tout ce qu nous avons appris de ce qui doit ou ne doit pas être fait en société (famille, couple, amis et relations diverses... même jusqu'au moindre comportement au travail, sur la route, en croisant de personnes sur des chemins de montagne....) ou même sur des détails de nos vies personnelles sans aucune relation avec autrui sauf le fait d'en parler et d'échanger dessus. Vous constaterez que chacun d'entre nous a ses propres points de vue et ne se gêne pas pour les transmettre aux autres avec des forces de conviction plus ou moins fortes. Ce petit bagage fait son chemin en nous et contribue à tout ce que nous croyons (juste ou faux) sans même que nous l'ayons vérifié par nous même.

Maintenant en cherchant à analyser le bagage, essayer de le rattacher à ce qui le construit au sens global d'une société : la culture.
Et les fondement les plus profonds et permanents des cultures sont les croyances et les religions.

Dans les sociétés humaines anciennes c'étaient le sorciers et les sages qui influençaient la tribu.
Dans le monde médiéval c'était surtout le clergé.
Dans la société moderne ce sont ceux qui transmettent la culture qui influencent le peuple, donc l'éducation et les médias.
Au final vous remarquerez que c'est toujours une histoire de croyances et de valeurs qui sont utilisées à toutes les époques.

Par un certain côté nous ne sommes pas sortis du monde médiéval, ni même antique, car les valeurs religieuses sont toujours présentes même quand les églises sont contestées par le monde politique en apparence (laïcité). Car en creusant bien les politiques modernes utilisent les mêmes valeurs et les même principes de culpabilisation envers soi et autrui (pour que nous nous sentions petit et faible avec l'envie de combattre celui qui ne nous ressemble pas), d'attendrissement envers son prochain (pour pouvoir mieux nous piller de façon cachée)... et de bien d'autres valeurs plus subtiles.

Alors, j'aurais tendance à dire que le suicide ne peut qu'être condamné, d'une part, pour protéger l'intérêt de ceux qui nous utilisent tous comme des esclaves car un suicidé est une perte d'outil de production... sauf s'il est diminué (vieux, handicapé...), et d'autre part parce qu'il (le suicide) est difficilement compatible avec les autres valeurs morales actuelles. Mais certains s'attellent à faire changer cela car la surpopulation (en consommant comme des occidentaux et en souhaitant continuer à le faire) pose un vrai problème pour nos élites qui ne veulent rien changer à leurs objectifs. Et on voit bien que les mesures eugénistes ont toujours été plus ou moins leur préoccupation même s'ils font beaucoup pour ne pas le montrer.

En conséquence, tenter de comprendre le jugement que porte l'entourage du suicidaire c'est au final tenter de comprendre ce qui forge notre façon de voir le monde et et à quel point la culture qui nous est inculquée de façon insidieuse façonne entièrement nos vies bien au delà de ce que nous imaginons.
Comme le disait Cactus, il est terriblement difficile de faire le ménage car nous avons l’habitude de sans cesse remplacer dont nous nous défaisons par autre chose. Rechercher le vide pour enfin être dans le présent et le réel, dans la spontanéité est quelque chose qui nous est totalement étranger et contraire même aux "programmes" que nous abritons. Cet Ego construit de toute pièce se démène pour que jamais nous ne puissions le mettre à la porte et il utilise l'outil le plus simple qui soit : quand nous n'avons pas l'image de quelque chose en tête c'est que cela n'existe pas, donc si nous perdons l'image de nous même c'est que nous n'existons pas. De la même façon si nous n'avons pas une image du monde en tête c'est que le monde n'existe pas au delà du réel immédiat, ce qui le rend insignifiant et par contrecoup nous aussi. Alors sans cesse nous enrichissons la réalité de parures illusoires qui nous trompent et nous égarent. On pourrait appelé ça dans un jargon moderne utilisé avec les système de simulation : la réalité augmentée. Et cette réalité est un mélange de réel et de simulé ce qui fait un cocktail détonant qui fait que nous ne savons plus ce qui vrai et objectif de ce qui est illusoire et subjectif. Ce flou permet de manipuler encore plus... et bien entendu tous les systèmes virtuels ne font qu'empirer le phénomène et les possibilités infinies de manipulation, d'imposture et d'escroquerie.

Mais le plus navrant dans tout cela c'est la spoliation du développement et de l'expression des facultés Humaines pour une grande harmonie, au profit de quelques uns qui organisent le monde à leur façon en y mettant le chaos dont ils tirent tous les bénéfices.

Pour en sortir il faut prendre conscience que nos vies sont l'expression de quelque chose qui sort du néant, de quelque chose qui crée à partir de rien et lui donne forme et substance. Alors nous sortons des schémas mécanistes qui nous sont présentés et enfin avons une chance d'oser absolument tout ce que souffle l'esprit. Il n'est point question ici de croyance , mais simplement de laisser la spontanéité faire son oeuvre créatrice. Et l'on est loin des réponse "instinctives" ou "inconscientes" ou des comportement de robot qui sont les nôtres.
Bien sûr le système, dirigé par des personnes qui ont cette conscience de leur nature véritable, ne fait que renforcer les murs de la prison à leur profit et donc rend la tâche particulièrement ardue. Les personnes qui disposent de ce vrai pouvoir connaissent parfaitement les outils d'asservissement et leur fonctionnement car il en sont les concepteurs. Ils les utilisent si bien qu'ils sont même capables de nous faire croire qu'ils ne fonctionnent pas toujours comme ils le souhaitent... ce qui nous rassure et éteint notre méfiance et notre vigilance.
Pour moi, parmi les ouvrages les plus intéressants on retrouve l’œuvre d'Isaac Asimov et plus particulièrement la série des "Fondation" qui sont une bonne initiation à la subtilité du maniement du pouvoir au plus haut niveau.

Quand une personne est vraiment au fond du gouffre elle peut remonter la pente par deux chemins.
Le premier est celui qui la ramène de là ou elle vient : la prison virtuelle que certains ont construit pour nous.
Le second est celui d'une forme de grâce qui elle même se subdivise en deux possibilités : l'une est celle de l'apparence d'une grâce divine extérieure à sa propre capacité à guider ce qui se passe, et l'autre est celle d'une libération avec conscience de son propre pouvoir personnelle et la capacité de l'utiliser de plus en plus finement.

Je ne rentrerais pas dans les processus ni les tenant ou les aboutissants ici. Mais en revanche il me semble primordial de comprendre que cette "descente aux enfers" peut être une occasion inespérée d'atteindre une grande libération. Et ce doit être, à mon sens, le premier message d'espoir à transmettre à ces personnes qui ne semblent pas voir le bout du tunnel et souhaitent mettre fin à leurs jours.

Bien sûr nous nous retrouvons loin des regards et jugements des uns et des autres qui n'ont absolument plus aucune place dans ce nouveau contexte.


Rapporter le message
Haut
 Profil  
Répondre en citant le message  
MessagePosté: Mer 31 Aoû 2016 19:18 
Hors ligne

Inscription: Sam 20 Aoû 2016 17:47
Messages: 68
Localisation: Marseille
Bonjour,

@Cactus :

Citation:
Après la culpabilité du suicidaire dans sa réflexion au suicide ( donc avant le passage à l'acte ) est pour beaucoup équivalente, je pense , voire moindre par rapport à la culpabilité d'être un poids mort (justement !) pour leurs proches, d'être là dans ce monde au milieu des vivants sans l'être vraiment, car il n'est jamais simple pour les gens de voir leur proche aller mal.


Tu estimes donc fréquent qu'un suicidaire évalue comme comparables le fait de voir un proche souffrir et d'apprendre son suicide ? Je n'aurais pas pensé ce point de vue fréquent, mais j'avoue avoir côtoyé peu de suicidaires, donc ne rien avoir de sérieux sur lequel appuyer cette croyance.


Quant à ce que tu dis plus loin sur la lâcheté et le courage je partage ta conclusion, le courage étant à mes yeux équivalent à la volonté telle que je l'ai évoquée dans le post auquel tu répondais.

{quote]hey non ya pas de gros modo , ici [/quote]Hum, affirmation gratuite, as tu le relevé d'IMC de tous les modérateurs ? ;)


@ Yvann :

1/ A la base ce n'était qu'un exemple pour parler de la manière dont une valeur était affirmée avec force ou de manière plus mesurée, mais bon, si tu m’interroges je te réponds.

Un seul parent décédé de cancer dans un contexte (si tu es français) ou cela représente 25% de décès à peu près serait peut-être un peu léger pour parler de présence d'un facteur génétique influent, après ça dépends de l'endroit ou l'on souhaiterait placer le curseur, mais vu qu'on arrive à plus de 50% des décès si on y ajoute les maladies cardio-vasculaires (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mortalit% ... ce#Tableau ) qui peuvent aussi être liées à un facteur génétique pour qu'un seul cas suffise à ne plus enfanter il faudrait être prêt à réduire drastiquement la population. Pour ma part une telle réduction ne me choquerait pas, mais l'évaluation dans le facteur de jugement qui m'intéresse, à savoir la souffrance évitée ou pas, devient un peu trop floue pour que je puisse affirmer une opinion définie.

Après s'il s'avère que la mort par cancer est fréquente dans ta famille oui, mon avis personnel est que je trouve dommage que l'on laisse se perpétuer dans l'espèce de tels gènes. J'appuie plus loin sur le fait qu'il est facile pour moi d'avoir cette conviction vu que je n'ai pas de désir d'enfanter, mais ça reste mon point de vue, car cela ne concerne pas que le parent et l'enfant mais toutes les générations qui suivront. Je modère ce propos par ma croyance que la modification geénétique saura un jour réparer ce que je vois comme une défaillance de l'application de notre intelligence dans la selection naturelle, mais entre temps beaucoup auront souffert d'un cancer alors que ça aurait pu être évité (par leur non-existence, certes).

Après sur la question que tu me pose quant à mon point de vue en ce qui concerne tes enfants je ne connais pas l'âge de tes enfants, mais s'ils sont suffisamment matures (je ne connais pas assez le monde de l'enfance pour dire à quel âge ça devient possible, si je devais avoir une opinion je douterais que ça puisse être entendable avant les 16/17 ans, mais ça dépends probablement de l'individu en question) oui, tu sais probablement mieux que moi que, maintenant qu'il y a eu deux cas déclarés dans la descendance directe, ils devront suivre un dépistage bien plus sérieux que le quidam moyen tout au long de leur vie car ils présentent plus de risques. Ça ne signifie pas qu'ils sont condamnés à avoir un cancer mais la prédisposition, avec l'apparition de ton cas, est clairement à envisager, ce que t'a déjà surement dit ton médecin (et si ce n'est pas le cas je pourrais très bien dire de grosses âneries hein, je parlais d'un jugement personnel mais je n'ai strictement aucun bagage médical/scientifique qui me permettrait d'aller plus loin que ça).

En bref oui, je maintiens mes dires.


2/ Je ne me reconnais dans aucun parti politique, celui dont j'aurais pu être le plus proche aurait probablement été le P.S. d'avant le quinquennat en cours, quant à ce dont tu parles sur macron si je l'ai su (ce qui est probable, vu que je suis l'émission "c dans l'air") je l'ai oublié sans peine, la politique qu'il porte me dérangeant bien plus que son cas particulier.

3/Mon exemple était volontairement simpliste pour se pencher sur le processus sans toutes les déviations de l'affect sur la pensée. Penses-tu que le processus soit différent lorsque la décision est mineure, comme l'achat d'une baguette de pain, ou relève d'un cas comme l'acte suicidaire ?

4/Je réponds rapidement en ce qui concerne dieu : je n'ai pas parlé de son existence ou pas, qu'il soit ou qu'il ne soit pas n’empêche pas la religion et le rapport à dieu de l'homme d'exister, tout comme on peut avoir un rapport à poutine et à sangoku (je vous laisse deviner lequel est réel ;) ).

Pour l'envahissement de la mort il provient aussi lors d'un décès non désiré, mais bon, j'admets qu'il est plus difficile d'être dans le reproche dans ce cas, bien que ça existe tout de même lors de certains deuils.

Oui, la notion de courage n'existe pas dans la typologie d'individu dont tu parles, mais pour d'autres individus je l'ai déjà vu évoqué à propos du suicide, que ce soit par des personnes qui affirmaient ne pas avoir le courage de passer à l'acte ou même par des personnes qui exprimaient un avis sans s'indiquer concernés personnellement par le sujet.

_________________
Une montagne est à la fois un mastodonte et un ensemble de particules subatomiques.
Ma présentation : vacuite-insoluble-t4660.html


Rapporter le message
Haut
 Profil  
Répondre en citant le message  
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 6 messages ] 

Heures au format UTC


Articles en relation
 Sujets   Auteur   Réponses   Vus   Dernier message 
Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Idées suicidaires depuis des années !!!

fanaru666

3

254

Lun 5 Déc 2016 19:44

fanaru666 Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Moi aussi je suis victime de pulsions suicidaires

[ Aller à la pageAller à la page: 1 ... 4, 5, 6 ]

mama1

51

1888

Jeu 29 Mai 2014 18:16

mama1 Voir le dernier message

 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 2 invités


Vous pouvez poster de nouveaux sujets
Vous pouvez répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages
Vous ne pouvez pas joindre des fichiers

Rechercher:
Aller à:  
cron
News News Plan de site Plan de site SitemapIndex SitemapIndex Flux RSS Flux RSS Liste des flux Liste des flux
Développé par phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction par phpBB-fr.com
phpBB SEO